Le sexe est bon pour la santé (BB)
Le sujet fait régulièrement la une de bien des articles dans la presse féminine, mais aussi dans des titres plus généralistes. On croit deviner, au détour d’une enquête ou d’une étude, les bienfaits, que le sexe pourrait avoir sur la santé des Hommes et des Femmes. Aucun domaine médical (ou presque) n’échappe à ces tentatives de mise en rapport, et on se surprend alors à découvrir l’étendue des bénéfices, que la pratique sexuelle est censée nous apporter. Si certains soulignent le sérieux et la fiabilité de ces études, d’autres, au contraire, pointent du doigt les limites de ce genre d’articles, dénonçant certaines méthodes employées, et affichant leur réserve quand à l’interprétation des résultats. Alors, mythe ou réalité, le sexe et le bois bandé est – il bon pour la santé ? Retour sur un fantasme, qui a déjà fait couler beaucoup d’encres.
Des études internationales
Quel que soit notre avis sur la question, nous devons dans un premier temps admettre, que les études sur le rapport entre la santé et la pratique sexuelle stimulante sont nombreuses et variées. Certains s’en sont fait les spécialistes, et proposent régulièrement de nouveaux enseignements sur tel ou tel sujet précis. L’un de ces spécialistes rend régulièrement public le résultat des observations, qu’il enregistre sur une population diverse et variée. Ainsi, Stuart BRODY, psychologue à l’université du West Of Scotland, a publié de nombreuses études, relatives au bénéfice du coït vaginal traditionnel.
Sa dernière étude a été publiée en 2010 sous le titre de The Relative health benefits of different Sexual Activities (Bénéfices relatifs sur la santé des différentes activités sexuelles). Cette publication repose sur une observation de 3000 Suédois au cours de l’année 2009.
Sexe et dépression : une question de pratiques.
Selon cette dernière, le coït vaginal garantirait une meilleure forme psychologique, et ce constat soulignerait, selon le professeur Brody, les multiples attraits d’une relation sexuelle traditionnelle. Il souligne ici les bienfaits procurés par la pénétration, et ces résultats nous renvoient à une étude publiée en 2004. Ainsi, on y apprenait, que les femmes, qui s’adonnaient plus à la masturbation que celles, qui préféraient le coït, étaient plus sujettes à la dépression, et qu’elles se déclaraient, de manière générale, moins satisfaite de leur vie sexuelle. Même si il n’est pas possible, à ce stade des études, de déterminer la raison d’un tel bénéfice sur la santé, certaines études se sont néanmoins attachées à essayer de trouver une explication rationnelle, à défaut d’être purement scientifique.
Le sperme, un antidépresseur efficace ?
Ainsi, une observation s’est faite à Albany, dans l’Etat de New York, sur 300 étudiantes. Le même constat a été réalisé, attestant, que l’abstinence sexuelle (on parle ici d’une pratique sexuelle traditionnelle à savoir le coït vaginal) favorisait l’état dépressif. Mais, l’étude s’est montrée plus pointue, en entrant dans le détail des pratiques sexuelles de chacune des étudiantes. Ainsi, a – t – on découvert, que le coït vaginal restait la pratique, rendant la dépression la moins probable possible. Un autre constat a été mené au cours de cette enquête, puisqu’il a été constaté, que l’utilisation de préservatifs lors de la pénétration restreignait alors les effets protecteurs du coït en matière de dépression. Aussi, l’hypothèse que le sperme constituerait un antidépresseur efficace a ainsi pu être avancé, même si aucun élément scientifique n’a pu le prouver et ni même l’attester.
Pratiques sexuelles et cancer ?
L’état psychologique des patients n’est pas la seule source d’intérêt des scientifiques, menant ce genre d’études. Certains ont essayé de rechercher les liens de causalité entre les rapports sexuels (tant dans leur fréquence que dans leur nature) et l’apparition de certains cancers.
Ainsi, l’étude du professeur Stuart Brody, publiée en 2010, mettait aussi en avant le rapport entre le taux de cancer du sein, observé chez les femmes étudiés, et les différentes pratiques sexuelles. Ainsi, si la masturbation ne laissait pas apercevoir de résultats probants, le professeur mettait en évidence dans son rapport, que les femmes, pratiquant exclusivement le coït vaginal par rapport à la masturbation, connaissait un taux d’affection moins grand. Cette corrélation n’était que souligné, sans pour autant faire l’objet d’un constat de plus grande ampleur.
Et le cancer de la prostate…
Ainsi, une étude datant de 2003 soulignait la présence d’un lien entre la fréquence d’actes de masturbation et la baisse du taux de cancer de la prostate. Il était ainsi souligné, que l’augmentation du nombre d’éjaculations permettait de constater une baisse de survenue d’un tel type de cancer.
D’autres études, notamment américaines, semblent souligner le même rapport, sans pouvoir néanmoins établir de lien. Si le sperme a déjà été reconnu comme possédant beaucoup d’hormone et des neurotransmetteurs, il n’a pas été mis en avant dans cette réduction du taux de cancer de la prostate.
Des études à la portée limitée.
Ces études, dont nous n’avons cité que quelques exemples, tendent donc à souligner les bienfaits du sexe sur notre organisme. D’autres sujets ont été abordés par les scientifiques, et on présente souvent l’activité sexuelle comme étant un parfait moyen pour bruler ses calories, ou encore comme étant un remède contre les maladies cardiaques. Certaines études nous délivrent même des messages plus généralistes, puisqu’une étude de 1998, par exemple, met en relation la fréquence de la masturbation avec notre seuil de tolérance à la douleur, alors que le plaisir solitaire chez la Femme produirait même des effets analgésiques.
Néanmoins, de nombreux observateurs, mais aussi certains scientifiques, dénoncent ces études se basant sur plusieurs griefs, qu’ils adressent aux auteurs de ces recherches.
Une démarche scientifique discutable.
L’un des reproches le plus souvent formulé à l’égard de ces études reste que ces dernières n’ont qu’une portée limitée, et qu’il n’est par conséquent pas possible d’en tirer une interprétation générale.
Mais, les reproches portent aussi sur les méthodes employées afin de mener ces recherches. En effet, toutes les enquêtes réalisées le sont grâce aux interrogatoires, menés sur les sujets étudiés. Ces derniers déclarent alors la nature et la fréquence de leurs rapports. On imagine alors le peu de crédit scientifique, que l’on peut porter à cette méthode de recueil des informations. La sincérité des sujets peut être mise en cause, ainsi que l’authenticité des données recueillies. Ainsi concernant le cancer de la prostate, il s’agit de connaitre le nombre des éjaculations au cours de plusieurs années, et les études portent sur la déclaration des sujets eux – mêmes.
Pour une étude plus générale avec une portée plus scientifique.
Certains se sont donc engagés à définir les bases essentielles pour apporter une rigueur plus scientifique (et donc moins contestables) à ces études. Il faudrait, pour y parvenir, ne plus se baser sur la déclaration des sujets étudiés. La démarche plus sérieuse viserait alors à affecter, de manière aléatoire, une pratique sexuelle à chaque groupe étudié. Ainsi, le coït vaginal, mais aussi la masturbation ou encore l’utilisation de gadgets serait affecté à un groupe d’études. Le suivi de l’évolution de chacun de ces groupes permettrait ainsi de dégager des enseignements lus exploitables.
Pour des corrélations croisées
Ainsi, les caractéristiques d’antidépresseur du sperme pourrait être mis en évidences en étudiant, tour à tour, les rapports entre les groupes, soumis au coït vaginal et ceux, limités à la masturbation. Ces mêmes études devraient alors être menées sur des groupes, dont la pratique sexuelle serait limitée à l’homosexualité. Seule une telle réparation des études à mener pourrait multiplier les gages de rigueur et de sérieux de ces observations.
Néanmoins, certains problèmes demeurent, et il serait difficile pour les différents scientifiques de vérifier la réalité des déclarations des sujets. Il n’est pas acquis, qu’un couple légitime acceptant une telle étude admette volontiers l’infidélité de l’un de ses membres. A l’inverse, aucune garantie ne pourrait permettre de s’assurer qu’un couple, s’engageant dans cette voie, ne se sépare pas avant la fin de l’enquête.
Le sexe, une réelle chance pour la santé.
Mais au delà des mises en causes de l’objectivité et du sérieux de ces recherches, certains en dénoncent l’aspect trop scientifique justement, estimant que les bienfaits du sexe correspondent, avant toute chose, à a notion de désir et de plaisir. Il serait alors difficile d’imposer une pratique sexuelle à quelqu’un, au prétexte de vérifier une interrogation médicale.
Il restera toujours incertain de lier la dépression à l’absence de pratiques sexuelles. L’activité sexuelle de chaque individu n’est – elle pas en soi, et ce indépendamment de la forme, qu’elle peut prendre, une source de satisfaction, et donc d’une bonne santé psychologique ? Il n’est pas certain, que la volonté d’apporter des preuves rationnelles à de supposés bienfaits puisse changer la perception, que nous avons du désir et du plaisir.
